JANVIER AU BENIN

JANVIER AU BENIN

Afrique - poésie

 

 

 

Afrique

Jamais je n'ai vu de gris, aussi gris et aussi beaux,
Que ceux du lac Ahémé, au rythme lent du bateau.
Le ciel ploie sous l'harmattan, le soleil est argent,
Les pirogues des pêcheurs passent, filets volants.

Jamais je n'ai vu de terres si rouges, comme du sang,
Et des maisons les murs sont rouges, comme ce sang,
Qui bat dans les veines de ceux qui, jours après jours,
Arrachent au sol toit et pitance, celle des jours.

Des jours passés sous le soleil qui brûle comme le feu,
Ce feu qui rougit les braises sous le pot de terre sorti du feu,
Hommes noirs sous grand soleil, peaux noires sur terre rouge,
Au rythme lent des noires barcasses, à peine si l'eau bouge.

Couleurs mêlées des si beaux pagnes
des femmes sur la rive la-haut
elles vont au marché, belles compagnes,
droites sous le poids du fardeau.
Parfois elles portent, endormi dans leur dos,
un tout petit qui ballote, c'est notre enfant de l'enfant-do !

Les pierres noires des collines répondent au herbes brulées
qui lorsqu'on marche se vengent sur nos jambes en longues trainées.
Le sol qu'on foule fait mille jeux que l'on pourrait croire innocents,
en noir, en rouge méfiez vous : couleurs de nuit couleur de sang.

Jamais je n'avais vu de terre aux jeux si fous, ni si violents,
Mais dessus cette terre, on ne peut vivre que dolents !
C'est qu'elle veut qu'on la prenne avec tact et doucement,
elle a tant souffert et le dit, elle parle sans ménagement.


Janvier 2011 - Atacora



14/02/2011
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